Les Années 1920-1930

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 Années 30 - première partie

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MessageSujet: Années 30 - première partie   Mar 6 Mar - 12:10

Des nationalismes divers

Devant les échecs et pour se dégager d'une crise qui dure parfois depuis plusieurs années, des solutions plus ou moins originales sont tentées dans un mouvement général de repli nationaliste. De ces transformations socio-économiques, donc politiques, naît un clivage fort entre régimes démocratiques et États autoritaires. Qui plus est, si la crise économique survient au sein du monde « américano-européen », c'est bien à une internationalisation complète qu'on assiste pendant la seconde moitié de la décennie. Pour autant, la défiance à l'international n'a jamais été aussi grande. L'organisation du monde centrée sur l'Europe implose avec les déclarations de guerre de 1939.

Les démocraties

Pendant les trois premières années de la décennie, le principal souci est la crise économique généralisée. Au Royaume-Uni, une dévaluation franche est l'œuvre d'un premier ministre travailliste, MacDonald, appelé à la tête du gouvernement par George V en 1931. Mais le libéral MacDonald décide d'accompagner cette mesure d'une série d'ajustements et de soutiens, pour assurer un certain équilibre budgétaire. Le 22 septembre 1931, c'est un flottement de la livre qui est décidé, non une nouvelle dévaluation : l'idée sous-jacente est de laisser le marché décider de la valeur de la livre en suspendant la convertibilité-or de la livre sterling, ce qui coupe court à toute spéculation. Cette mesure est ainsi éminemment politique : début 1932, le cours de la monnaie nationale se stabilise en de faibles variations et un nouveau cours par rapport à l'or est fixé. Le pays se dote aussi, en plus d'un équilibre budgétaire, d'une refonte du système douanier et d'une double assurance face à la spéculation : un mécanisme financier, et une défense psychologique. Cela permet au Royaume-Uni de repartir sur des bases saines. Plus original encore, le libre-échange est abandonné sans ménagement après la très large victoire des conservateurs aux élections de 1931. Des échanges préférentiels sont établis avec les colonies à travers le Commonwealth. Sur le plan structurel, les entreprises vétustes et mal gérées de l'immédiat après-guerre et risquant la faillite sont nationalisées ; on pousse au regroupement des autres organisations restées solides, dans les mines, les transports… Le phénomène de cartellisation bat son plein, mais le « gigantisme » apparaît à de plus petites échelles : les premiers grands magasins populaires apparaissent, par exemple. Par un soutien au pouvoir d'achat et la mise en place de modes de consommation originaux, on permet aux classes moyennes émergentes de s’équiper en produits électroménagers, et par là une relance de certains secteurs industriels. Une certaine logique anglo-saxonne de relance par la consommation apparaît alors et, comme outre-Atlantique, le pouvoir central finance des actions menées par les autorités locales. Un point décevant tant pour les travaillistes que pour les conservateurs reste le chômage, qui se situe encore bien au-dessus du chômage frictionnel en 1938, avec 1,8 million de chômeurs contre 3 millions en 1932. Malgré tout, et au prix d'un certain isolationnisme et d'une perte de souveraineté sur le plan international, le Royaume-Uni réussit à aborder l'année 1939 forte d'une cohésion nationale réelle et bienvenue.

Aux États-Unis, la sortie de crise vient également d'un changement politique. L'opinion publique est favorable à une intervention de l'État et confie à l'ex-gouverneur de l'État de New-York, Franklin Delano Roosevelt, le soin d'engager des réformes. Il lance avec son équipe de conseillers un premier New Deal, basé sur le déficit budgétaire. 1934 est une année de redressement, mais en 1935, un assainissement du système bancaire, des finances et de la monnaie est de nouveau nécessaire. Lors des « 100 jours de Roosevelt », un moratoire bancaire est établi pour enrayer toute panique et améliorer la moralité des institutions financières : la principale guerre est celle de la confiance. Par ailleurs, la présidence poursuit la politique de grands travaux et de soutien à l'agriculture, avec de nouveaux organismes d'aide et de veille créés à l'occasion de l'Agricultural Adjustment Act. L'objectif général est de permettre une large consommation dans toutes les couches sociales de la population. Nouveauté importante, l'État devient actionnaire de nombreuses sociétés industrielles ; mais il n'empêche pas franchement les regroupements (National Industrial Recovery Act de juin 1933). Face à divers échecs sociaux, notamment dans les restructurations, Roosevelt associe les syndicats à son action fin 1935 et engage un second New Deal. Une politique anti-trusts plus dirigiste est menée et on favorise le management. Les États fédéraux s'arrogent le droit d'arbitrer les conventions collectives, ce qui rassure les ouvriers. Une amorce de Sécurité sociale est créée avec le Social Security Act d'août 1935 : assurance chômage et vieillesse, loi Wagner favorable aux syndicats… Le second New Deal semble plus efficace, et contrairement au premier, il a été largement financé. Un troisième volet, d'inspiration keynésienne, vient clore l'action de Roosevelt en 1938. Toutefois, il reste 9 millions de chômeurs en 1939 et les États-Unis se sont isolés.

En France, l'année 1936 voit un grand bouleversement politique se produire après plusieurs années d'instabilité ministérielle : au mois de mai, les élections législatives sont remportées par la gauche. Léon Blum est désigné premier ministre au bout d'un long mois ; des grèves enthousiastes et spontanées « fêtent » la victoire. L'attente de réformes est grande. Au lieu de dévaluer le franc, la gauche décide d'un flottement encadré de la monnaie avec le franc Auriol. Cette mesure ne rassure pas les Français. Sur le plan des réformes sociales, la politique est toutefois plus vigoureuse : Blum veut forcer les patrons à négocier avec les syndicats. Les accords Matignon du 7 juin 1936 unissent deux organisations de droit privé sous arbitrage de l'État. Les avancées sont notables et diverses : samedi chômé sans diminution de salaire ni heures supplémentaires (mesure incitant à l'embauche, mais sabordée par une baisse volontaire de la production par les patrons), introduction des congés payés, augmentation des salaires variables, dispositions favorisant le syndicalisme au sein de l'entreprise… Pour forcer le patronat à suivre ces consignes, l'accord privé est transformé en loi ; finalement, l'accord « à l'amiable » a été un échec. Par ailleurs, l'inflation annule les augmentations de salaires, les droits syndicaux peinent à s'imposer et l'embauche ne décolle pas après plusieurs mois. Sur le plan structurel, des entreprises sont nationalisées : la SNCF est créée le 1er juillet 1937, des constructeurs d’avions et Air France également. L'ensemble de cette politique déçoit l'extrême gauche : les problèmes économiques sont trop puissants et forcent Blum à quitter définitivement le pouvoir, après un retour éclair au printemps 1938. Le radical Daladier prend sa suite. Architecte des accords de Munich mettant temporairement fin à la crise des Sudètes en 1938, il se montre ferme en politique intérieure : en refusant toute augmentation des salaires et en autorisant les heures supplémentaires, il se rapproche de la politique des pays voisins. Il engage de grandes dépenses par des commandes de l'État et profite du bon contexte monétaire dû au travail de Paul Reynaud. La dévaluation du franc avec un flottement « à l'anglaise » permet d'aborder sereinement les dernières années de la décennie sur le plan financier, mais le redressement est tardif et timide, et la nation divisée.

Source:
http://fr.wikipedia.org
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