Les Années 1920-1930

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 Années 30 - deuxième partie

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MessageSujet: Années 30 - deuxième partie   Mar 6 Mar - 12:11

Les régimes totalitaires

L'Allemagne, quant à elle, met en place des mesures d'un tout autre ordre sous l'égide nazie. D'une petite organisation affaiblie pendant les années 20, Hitler a fait du parti nazi (NSDAP) une force majeure du champ politique allemand en 1932, en s'appuyant sur le contexte difficile créé par la crise de 1929. Par ailleurs, l'organisation nouvelle du parti contribue aux échecs successifs des Chanceliers en place. Si les ouvriers rejoignent le parti Communiste (KPD), une partie de la paysannerie, et surtout les petite et moyenne bourgeoisies se rallient au nazisme. Un programme simple et concret, ainsi que l'appui de plusieurs industriels et une propagande bien orchestrée, assurent le succès des campagnes d'Hitler et l'amènent à remporter plusieurs victoires électorales au Reichstag, le parlement allemand. L'année 1932 marque la perte de contrôle du pouvoir en place, faute de majorité parlementaire. Dans un climat de tension généralisée entretenu par les SA, poussé à s'engager à la tête d'un gouvernement de coalition de droite, Hitler est nommé Chancelier le 30 janvier 1933 par le Président Hindenburg. Obtenant coup sur coup le pouvoir législatif, par la loi des pleins pouvoirs (23 mars 1933), et la fonction de Président, suite à la mort d'Hindenburg, Hitler entreprend en 1934 une réorganisation complète du pays par une série de lois, met en place un régime totalitaire et raciste. Il récupère le docteur Schacht comme président de la Reichsbank, puis comme ministre des Finances ; une vraie-fausse nouvelle monnaie est crée : le Mefo-Wechsel. Elle consiste en des reconnaissances de dettes échangées par les entreprises. Son rôle est d'empêcher l'inflation monétaire, mais l'échec du système à partir de 1937 conduit Schacht à démissionner. Par ailleurs, les nazis accentuent leur pression sur le peuple juif. Les lois de Nuremberg de septembre 1935 leur retirent les libertés fondamentales et plus encore ; les premiers camps de concentration sont construits et utilisés pour écarter les opposants politiques à partir de 1934. Dans le même temps, des travaux titanesques sont entrepris dans tout le pays : plan Reinhardt sur deux ans, puis plan Goëring en 1936. Globalement, l'économie allemande se referme sur elle-même et entretient sa dynamique par une production massive d'armement et d'ersatz en tout genre. Sur le plan institutionnel, Hitler souhaite des structures simples et facilement contrôlables. Tous les nouveaux chefs d'entreprises sont désignés par le parti nazi, et un seul syndicat est autorisé, le Front du Travail. En janvier 1933, l'Allemagne comptait six millions de chômeurs ; il n'en est plus officiellement recensé aucun en décembre 1936. Mais cette économie plus ou moins artificielle où les salaires sont en partie remplacés par des paiements en nature est instable et endette l'État. Son horizon de moyen terme est incontestablement la guerre et l'extension territoriale. Cet état de fait est confirmé par une politique extérieure agressive : retrait de l'Allemagne de la SDN en octobre 1933, remilitarisation de la Rhénanie en violation du Traité de Versailles et du pays tout entier, soutien aux franquistes ; axe Rome-Berlin d'octobre 1936 et pacte anti-Komintern de novembre 1936 avec le Japon ; l'Anschluss de mars 1938 est admis par les démocraties, mais la discrétion des premières années à manifestement laissée place à un militarisme assumé par la seconde puissance industrielle mondiale.

L'URSS connaît depuis 1928 une économie de plan, œuvre de Staline. Les années 20 ont été marquées par l'application massive du taylorisme dans des entreprises d'abord nationalisées, puis dénationalisées dans le cadre de la NEP – une passe d'inspiration capitaliste jugée nécessaire avant les réformes favorables au prolétariat dans la théorie marxiste. Ayant aboutit à une situation instable tant sur le plan économique (production agricole massive, production industrielle faible) que sur le plan social (émergence de classes favorisées, telles les Koulaks des campagnes), la NEP est remplacée par une planification, ce qui se traduit par la collectivisation. Sous un régime de type totalitaire, le plan évite les hésitations, mais bloque également l'initiative. La politique économique stalinienne prend le contre-pied total de l'économie libérale, et va bien au-delà de l'économie régulée, dite mixte ou encore administrée. Pour la soutenir, des structures fortes sont nécessaires. Le plan favorise la mise en place d'une bureaucratie, au sens péjoratif du terme. Lors du premier plan, l'industrie est de nouveau nationalisée, et les entreprises concentrées. Comme en Allemagne nazie, les directeurs d'entreprises sont nommés. Les investissements sont orientés vers les industries de bases, dites du secteur A : sidérurgie, mines, constructions mécaniques… Il s'agit de préparer pendant cinq ans le lancement d'un second secteur B, qui sera également soutenu cinq années durant. Toutefois, le seul vecteur de salaire est alors l'État. Si la production industrielle a bien augmentée, quoiqu'en des proportions moindres que celles annoncées par les statistiques d'État, les progrès sont réalisés au prix de salaires très faibles et d'impôts très lourds. À l'instar de l'Italie mussolinienne, le pays se tient à l'écart de la crise de 1929 et de ses principales retombées. Les échanges avec l'extérieur étant réduits au strict minimum, le peuple russe doit s'organiser replié sur lui-même. Dans le domaine de l'agriculture, la nationalisation est dans un premier temps moins franche qu'ailleurs. Les fermes d'États, les sovkhozes, sont rares : pour éviter l'expropriation des paysans, on les laisse d'abord s'organiser en kolkhozes, regroupements de villages fixant des objectifs de production. Ce système est un échec et mène à des interventions très dures de la part de l'État pour assurer la complète collectivisation des campagnes. Aussi bien dans l'industrie que dans le travail de la terre, les sacrifices humains sont importants. Le premier plan est par ailleurs l'occasion d'un réajustement entre ces deux secteurs. Victime de la théorie de Preobrajensky et de l'optimisation des normes, la production agricole chute. Son rôle est redéfini : fournir le maximum de denrées consommables aux urbains, tout en recueillant le minimum d'investissement. Cela freine fortement la mécanisation des campagnes. La collectivisation s'achève dans la désillusion en 1938 avec un deuxième plan (1933-1937). Elle est marquée par plusieurs rationnements obligatoires entre 1931 et 1935 et une famine faisant des millions de morts en 1932-1933, notamment l'Holodomor en Ukraine, par une accentuation des contraintes individuelles qui entre en conflit avec la recherche de la productivité maximale, et surtout par une propagande plus forte. Le troisième et dernier plan mène enfin le pays à la guerre : tout en dénonçant le militarisme hitlérien, le pouvoir développe les industries de guerre.

Le nationalisme d'extrême gauche touche également la Chine, qui entame la décennie dans une phase de mutation profonde. L’Empire du Milieu a laissé place à une République dirigée par le général Tchang Kaï-chek, qui a accédé au pouvoir grâce aux communistes russes — dont il se débarrasse en 1927, craignant leur influence. Les puissances démocratiques occidentales lui apportent alors un soutien financier. Un régime autoritaire basé à Nankin, organisé par le Guomindang, entreprend de moderniser le pays (réformes industrielles, légales…). La politique expansionniste du Japon dans les territoires russes et chinois ajoute aux difficultés du gouvernement, en prise avec l'opposition communiste naissante. De 1930 à 1935, le Japon, déjà présent en Corée depuis la fin du XIXe siècle[1], multiplie les protectorats (telle la Mandchourie) et approche même Pékin. Dans le même temps, le régime en place perd son crédit auprès des masses paysannes. Les communistes se rallient autour de Mao Zedong, qui fonde une « République soviétique » dans le Jiangxi, en 1931. Encerclé par les troupes de Tchang Kaï-chek, Mao Zedong entreprend avec ses partisans la mortelle Longue Marche vers le Nord-Ouest, premier mouvement vers l'accès au pouvoir qui vient en janvier 1935. En réalité, Tchang Kaï-chek accepte de former un Front uni avec les communistes pour s’opposer au Japon, lesquels se lancent à l'assaut de la Chine en 1937 : ainsi débute la guerre sino-japonaise. Cette lutte se poursuivra tout au long de la décennie et pendant la Seconde Guerre mondiale, à l’avantage des communistes, qui ont la confiance du peuple résistant.

En Italie, le pouvoir est accaparé depuis le 30 octobre 1922 par le fasciste Mussolini. Profitant du dépit du peuple après la fin de la guerre et des divisions des partis traditionnels, Mussolini s'est emparé du pays avec le Parti national fasciste en matant toute tentative de révolution sociale. La dictature fasciste a pris place dès 1926. Par une propagande habile, grâce à l'accord de Latran avec l'Église en 1929, et au moyen d'un interventionnisme étatique remplaçant le libéralisme des premières années, Mussolini prend racine dans un pays de plus en plus autarcique. En 1933, la création de l'Institut pour la reconstruction industrielle est l'occasion d'une prise de contrôle plus large des structures de production. Avec une politique protectionniste nettement accentuée à partir de 1934, les fascistes s'assurent la paix sociale, indispensable à leurs projets d'extension territoriale. La politique nataliste témoigne du rêve d'un second Empire romain. L'invasion du dernier pays libre d'Afrique en octobre 1935, l'Éthiopie, marque la rupture avec les démocraties voisines. Par la voix de la SDN, elles décident de sanctions économiques envers l'Italie. Mussolini décide alors de se rapprocher au plus près d'Hitler, avec qui les relations avait été jusqu'alors plutôt tendues. L'Italie fasciste prend l'Allemagne nazie en modèle. En 1939, Mussolini est un dictateur accompli soutenu par un culte de la personnalité presque caricatural, mais les oppositions se font ouvertement. L'armée, notamment, reste majoritairement fidèle au Roi ; par ailleurs, des critiques internes affaiblissent déjà le Duce.

En Europe centrale et orientale, les démocraties instituées sur les ruines des empires centraux (ex-Autriche-Hongrie, ex-empire allemand, ex-Russie tsariste) doivent relever dans les années 20 des défis trop importants pour leur jeunesse institutionnelle. Les réformes agraires, qui doivent amener paix et réorganisation de la société dans le modèle républicain sont des échecs là où les aristocraties locales s'y opposent. De meilleures résultats sont obtenus par les pays soumis aux aristocraties étrangères, d'influences allemandes notamment. Toutefois, le manque de tradition démocratique et les difficultés socio-économiques laissent le champ libre aux premières dictatures. La crise de 1929 a de très fortes répercussions dans ces pays agricoles. Le marasme qui survient par la chute des prix assurent un soutien aux fascistes et aux national-socialistes. De plus, ces mouvements sont subventionnés à partir de 1933 par l'Allemagne et l'Italie. Face à ce péril, les pouvoirs en place ont des réactions autoritaires. Dans la plupart des pays, les partis d'oppositions ultra-nationalistes sont interdits ; des parlements sont dissous, comme en Autriche (par le chancelier Dolfuss) ou en Roumanie. En 1939, seule la Tchécoslovaquie, État artificiel pourtant divisé entre plusieurs ethnies, conserve un pouvoir parlementaire. Contrairement aux grandes dictatures d'Europe occidentale, ces régimes s'appuient sur des forces traditionnelles de la société, principalement l'armée et l'Église. Il n'ont donc aucune ambition révolutionnaire.

Il en va de même en Europe méridionale. Ainsi en Espagne, où le général Franco s'est opposé aux ambitions républicaines majoritaires avec le soutien de l'armée, de l'Église, et bientôt de l'Allemagne et l'Italie. Si l'URSS intervient à son tour pour soutenir les opposants à Franco, la France et le Royaume-Uni restent quant à eux inactifs. Entre février 1936 et mars 1939, la guerre civile déchire le pays, jusqu'à la pleine victoire du nouveau dictateur.

Entre 1933 et 1935, les nazis se dressent donc seuls face à l'Europe, mais les années 1936 et 1937 voient les grandes dictatures se rallier face aux démocraties isolées et repliées sur elles-même. Jusqu'aux déclarations de guerre de septembre 1939, les esprits militaires modèlent le contexte international.

De 1933 à 1939, le réarmement caractérise la politique intérieure de nombreux pays, Allemagne en tête. En effet, deux grandes tendances politiques modèlent ou influencent les politiques nationales suite à la crise de 29 : les régimes d'extrême-droite et le communisme. Des organisations totalitaires exercent dans ce cadre une influence considérable sur la restructuration politique et sociale des pays, mais également sur l'économie, et ce jusqu'à l'échelle mondiale. Globalement, le maître mot des années 30 est « modernisation », un mécanisme nécessaire au moment ou les États doivent s'adapter pour survivre à des crises multiples. Cependant, il y a une pluralité de processus à travers la planète, processus qui aboutissent à des organisations largement différentes quoi que fortement interdépendantes. Alors que les gouvernants choisissent le repli national, les mécanismes d'une interdépendance nouvelle des états se mettent en place. Pour mener à bien les nécessaires réformes, mais également pour s'affronter, aussi bien sur les terrains économiques que militaires, les puissances établies et certains pays émergents sont amenés à coopérer et à constituer des groupes d'influences internationaux de plusieurs natures. Les coalitions ouvertes et les ententes implicites musèlent la SDN.

Source:
http://fr.wikipedia.org
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