Les Années 1920-1930

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 Années 30 - troisième partie

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MessageSujet: Années 30 - troisième partie   Mar 6 Mar - 12:12

L'importance des empires coloniaux

Les puissances européennes, qu'elles soient de natures démocratiques ou dictatoriales, s'appuient sur leurs plus ou moins larges colonies pour affronter la crise, dans une atmosphère de relations internationales soudainement plus tendue. Pendant les années 20 se sont développées dans les pays colonisés bourgeoisies locales et prolétariats, signe d'une emprise forte des métropoles. Les sociétés traditionnelles colonisées sont en effet mises en concurrence avec les puissances gouvernantes. Essor démographique et urbanisation sont également importants. Avec la crise de 1929 survient un reflux massif de la demande des métropoles, ce qui entraîne effondrements des prix et faillites locales. Précurseur, le Royaume-Uni suspend le libre-échange et cherche du soutien dans son large empire colonial en instaurant des voies commerciales préférentielles par les Accords d'Ottawa de 1932. La recherche de débouchés minimaux est engagée par toutes les puissances colonisatrices. Par ailleurs, la colonisation ne rencontre qu'une faible opposition en métropole. L'Exposition coloniale de Paris en 1931 est un succès, élément rassurant d'un pays en crise intérieure. Pourtant, dans les colonies, les thèses progressistes de Wilson font leur chemin ; les premières oppositions apparaissent au grand jour. 1929 est l'année de radicalisation des mouvements nationalistes jusqu'alors modérés, surtout au Moyen-Orient, en Indochine et en Inde. Le Royaume-Uni poursuit sur se lancée pragmatique en accordant les premières indépendances totales ou partielles : Irak en 1930, Égypte en 1936, India Act de 1935… Mais les principales forces coloniales sont regroupées sous l'égide de la Couronne par la création du Commonwealth dès 1931, ce qui assure au pouvoir britannique un contrôle distant mais efficace de ses territoires désormais autonomes et souverains. Dans une logique inverse, la France se montre très ferme et refuse la plupart des avancées proposées par les nationalistes dans ses territoires colonisés. Figée dans ses structures d'administration directe, la métropole joue la carte de la répression pour maintenir l'unité de ses territoires.

Finalement, en 1939, les liens entre métropoles et colonies sont plus forts que jamais, mais le mouvement de décolonisation est déjà lancé. Cette situation toute nouvelle tranche avec celle de 1914. La crise de 1929 a également participé à l'accélération de certains bouleversements dans l'autorité régionale : ainsi, les pays littoraux d'Amérique du Sud sont « mis à contribution » de façon active dans l'effort de production rapide qui se produit en Europe, à partir du milieu des années 30. Les États-Unis occupent plusieurs pays en Mer des Caraïbes (Haïti, Nicaragua…) jusqu'en 1933, fin de la politique du Big Stick souhaitée par Roosevelt. À l'autre bout de la planète, la Chine connaît des bouleversements nombreux quant à ses frontières, ce qui l'amène à la guerre civile et à la guerre avec le Japon.

Des transformations socio-culturelles fulgurantes

Les années 20 ont été favorable à un épanouissement culturel de l'Europe. Malgré les difficultés, ce mouvement se poursuit dans les démocraties au cours des années 30. L'entre-deux-guerres n'est pas l'occasion du développement d'une importante culture populaire. Par rejet des valeurs bourgeoise, les classes populaires et prolétaires ont bien importés leurs propres traditions et folklore, mais ces éléments d'identité sociale ne résistent guère à la vie urbaine et à l'industrialisation. À la place, c'est une culture « de masse » qui fait son apparition, à la faveur des nouveaux médias et loisirs. Dans un élan consommateur, les grands vecteurs de culture commencent à toucher toutes les classes sociales. Le sport se modernise en gagnant ses galons populaires, avec l'apparition, et de la compétition, et du sport-spectacle. Dans le domaine de la presse écrite, on cherche à toucher des cibles spécifiques comme les jeunes et les femmes, et on lance la mode de la bande-dessinée fantastique après la crise bien réelle de 1929. La radio permet de diffuser informations et musique, notamment le jazz américain. Le cinéma connaît sans doute le succès le plus fulgurant, encore une fois soutenu par les États-Unis. À l'aube des années 30, le film se dote d'ailleurs de la parole et les œuvres se diversifient rapidement pour satisfaire tous les goûts.

La tendance est toute autre dans les nouvelles dictatures. C'est à l'élaboration de totalitarismes culturels qu'on assiste dans l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste et la Russie de Staline. Le fascisme est le premier mouvement idéologique à utiliser massivement les nouveaux médias d'information à son avantage. Il s'agit dans le même temps d'éduquer, par la propagande, et de distraire. Ainsi en Italie la radio est elle nationalisée et transformée en vecteur d'une sous-culture récréative. Elle est associée au sport, qui prend des allures militaires, et au cinéma, qui devient rapidement l'arme absolue de la propagande d'État. Il est difficile pour les esprits contestataires de diffuser leurs productions ailleurs que dans des journaux et des lieux de spectacles clandestins, la création étant globalement figée. Tous les moyens sont bons pour assurer l'embrigadement des esprits, de l'architecture imposante du régime nazi aux chansons niaises célébrant le regretté Empire Romain.

L'adieu à la sécurité collective

Empêtrée dans des sorties de crises plus ou moins réussies, les démocraties privilégient la paix sociale et restent relativement neutres face aux provocations successives des dictatures européennes et orientales. D'abord opposées, celles-là s’allient par des pactes et des ententes divers à partir de 1935. La prédilection pour le pacifisme n'empêche pas certaines initiatives courageuses dans les démocraties que sont la France et le Royaume-Uni. Louis Barthou engage en 1934 un rapprochement avec l'Italie, pour tenter d'encercler le Reich, et essaye également de faire s'entendre Allemagne et Russie. Pierre Laval lui succède dans cette tâche, mais privilégie l'Italie à l'URSS. La stratégie est cependant fragile et les Anglais ne la soutiennent pas.

Mussolini s'engage dans la conquête de l'Éthiopie fort d'une entente officieuse : il s'est engagé à aider les démocraties contre le régime nazi, en contrepartie de compensations à définir. L’imbroglio diplomatique du partage de l'Éthiopie achève de jeter le discrédit sur la SDN, principal instrument de règlement des conflits du bloc occidental démocratique. L'organisation avait en effet déjà déçu les opinions publiques par de faibles déclarations de désapprobation adressée à l'Allemagne en 1934, au moment de la remilitarisation de la Rhénanie. Avec les problèmes de politique intérieure et la victoire de la gauche en 1936, la France s'efface un peu plus ; c'est pourtant cette même année qu'une « répétition générale » de la Seconde Guerre mondiale se joue en Espagne. L'Italie contente Hitler en concentrant ses forces sur la péninsule hispanique, ce qui laisse le champ libre à un Anschluss déjà organisé. Mussolini prépare quant à lui les bases d'un nouvel Empire méditerranéen. La guerre civile espagnole est également l'occasion d'essayer tactiques et armement lourds. Le rapprochement entre le fascisme et le nazisme contraste alors avec l'effacement des démocraties, qui prônent une politique d'apaisement au moment du tournant vers la guerre.

1937 est une fausse détente. Pour les démocrates anglais, c'est la victoire du non-interventionnisme pacifique ; pour Hitler, c'est le calme avant la tempête et le temps des derniers accords. En prenant le contrôle direct de la Wehrmacht, le dictateur coordonne de près l'Anschluss. Peu après, et dans une relative indifférence, Hitler s'intéresse aux Sudètes et au rattachement d'une population « aryenne » ainsi qu'à des territoires riches sur le plan industriel. Cette ambition, moins violente dans sa manifestation que l'Anschluss, est paradoxalement l'évènement déclencheur d'une prise de conscience collective en France et au Royaume-Uni, qui rappellent leurs réservistes, tout comme en Italie et en URSS. Le 29 septembre 1938, Hitler, Mussolini, Daladier et l'anglais Chamberlain se mettent pourtant d'accord sur une victoire sans guerre de l'Allemagne, qui obtient tous les territoires revendiqués. L'illusion de la paix n'est cependant plus partagée par tout le monde. En fait, Hitler souhaite envahir la Tchécoslovaquie tout entière, tant pour ses ressources que pour supprimer un allié potentiel des démocraties. Le coup de force du 15 mars 1939 achève la Tchécoslovaquie. L'hésitation des démocraties dure ; Staline se méfie et décide de traiter avec l'Allemagne pour éviter tout affrontement avec son voisin direct. Le 1er septembre, l'Allemagne envahit la Pologne : les démocraties décident enfin de déclarer la guerre le 3 septembre, emportées par le Royaume-Uni.


Source:
http://fr.wikipedia.org
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